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Bratsch, joyeux quintette parisien, a depuis bien longtemps exploré tous
les méandres des musiques d'Europe centrale et orientale. Bien avant
l'engouement actuel, en tout cas, puisque le groupe va bientôt fêter ses
40 ans d'existence.
Une dégaine de mauvais garçons sortis tout droit
d’une icône tsigane, un savoir-faire rare, une douce ironie,
les cinq de Bratsch ne sont pas des musiciens traditionnels mais des
arpenteurs futuristes de vieilles musiques
qu’ils réinventent sans cesse..Car Bratsch
ne revendique pas un label traditionnel et encore moins folklorique,
mais un statut futuriste de réinventeur de vieilles musiques. Sans rien perdre de leur style
étincelant.
S.G.

Ce qui leur va si bien, c'est la faculté de réveiller le génie européen
dissimulé dans la multiplicité de ses rythmes, qui chaloupent comme dans
un road-movie musical à travers un continent très charnel.

Le joyeux quintet
aura attendu trente ans pour tremper sa tambouille tsigane dans
l'univers urbain qui l'a vu naître... On voyage dans les bistrots, les
gares et les faubourgs de Paris, mais aussi de Londres, de New York,
dans un jet-lag halluciné... Inspirés, ils nous enchantent encore

Excellents musiciens, inventifs, virtuoses, les Bratsch se jouent des
frontières géographiques autant que musicales même si le répertoire
tsigane et celui des Balkans forment l’épine dorsale de leur tour de
chant.
Les Bratsch reviennent dans une forme olympique, pour se jouer des
frontières, en bons musiciens du voyage, bohémiens, Tsiganes, gens du
voyage, etc. Bratsch a comme toujours depuis Notes de Voyages, premier
album publié en 1988, du vague à l’âme, de la joie, de l’appétit à
vivre.
Véronique Mortaigne

Goulasch et ouzo
Cela fait quelques lustres que Bratsch explore l'Europe tsigane,
l'Orient des Grecs, la plaine slave, le quartier de la Bastille, la
mémoire des " shtetls " yiddish. Les yeux toujours tournés vers l'est,
là où galopent des chevaux, cheminant des peuples perdus, se barricadent
des ghettos, ces cinq Français se sont pour une bonne fois vêtus de
vieille toile, de semelles vénérables et de rugueux sourires. Guitare,
accordéon, violon, clarinette, contrebasse : toutes les musiques des
peuples qui ont perdu au grand jeu de l'Histoire peuvent alors se faire
entendre. Dans leur spectacle se croisent les frontières et se
chevauchent les nationalités. Nous ne sommes pas bulgares pour savoir si
leurs compositions au goût bulgare ont notre accent, ni grecs pour
savoir s'ils sont fidèles à la tradition. Ils arrosent d'ouzo leur
goulasch, alternent " gafilte fish ", et bortsch : pour la couleur
locale, c'est plutôt l'arc-en- ciel, pour la vérité ethnomusicologique
on fera confiance aux garanties des spécialistes. Pour le pittoresque,
ils parlent une sorte de sabir de Roumanie ou du Levant - pas de chez
nous, en tout cas. Mais quand ils travaillent le jazz manouche des bords
de Seine, le violon à la Grappelli et la guitare à la Reinhardt ont une
drôle de couleur, comme si le vent des voyages leur donnait son timbre
de tourbe et de vieille herbe. Et quand ils chantent Johnny tu n'es pas
un ange de Francis Lemarque, ils trouvent l'exact point d'équilibre
entre le désespoir d'amour et le
désespoir des siècles. Avec Bratsch, voici des Est bien de chez nous :
lointains, brumeux, rêvés.
Bertrand DICALE

Bratsch. C'est
encore l'un de ces noms qui illumine les yeux des fêtards. Depuis
quarante ans, le groupe Bratsch sert la musique tsigane sans
défaillir... Ils ont réussi à combiner un certain jazz avec du klezmer,
mêlant bouzouki, clarinette et violon, comme on peut l'apprecier dans
leur dernier disque Urban Bratsch

Urban Bratsch. Le
grand métissage urbain. Seize titres pour un tour du monde. Inspirée des
traditions yiddish et tziganes d'Europe centrale, leur musique est à
l'image de leurs voyages, désordonnée, gaie et colorée. Ils brassent
les langues et les cultures dans un joyeux bazar qu'ils traînent sur les
scènes du monde entier... Plutôt
les banlieues populaires que les faubourgs chics. Les métros bondés que
les taxis... Et s'il souffle toujours
dans leur musique un vent de mélodies lointaines, ce sont finalement
celles des villes, lieux de métissage,
de carrefour de toutes les cultures, où viennent se mêler l'odeur du
pavé et celle des bistrots.

Bratsch, la coopérative du swing
" Ensemble à naviguer comme un oiseau de passage, vingt-cinq ans à
fouler l'asphalte du voyage, ça s'fête. " En quelques mots, tout est
dit, sur un accord de swing manouche, façon Django. Réunis dans une cave
spacieuse et lumineuse, les Bratsch répètent une nouvelle composition.
Ambiance plutôt studieuse, loin de l'effervescence chaleureuse des
concerts. Il faut être prêt pour le Cabaret sauvage, où le groupe
célèbre son vingt-cinquième anniversaire. Et préparer un spectacle,
faire danser le public n'est pas qu'une question de feeling, de
générosité ou de virtuosité. C'est aussi du boulot. " Comme les
tziganes, nous fonctionnons selon le principe de plaisir, sans bnous
laisser enfermer par des partitions, ce qui nous permet de donner des
concerts différents à chaque fois. " Bratsch, c'est le groupe de scène
par excellence. Son premier CD fut publié en 1988, treize ans après la
formation du quintet dans les cabarets parisiens. Suivront une dizaine
d'albums aux titres évocateurs : Sans Domicile Fixe, Transports en
Commun, Rien dans les Poches… Musiciens nomades, les Bratsch puisent
leur inspiration sur les routes. Assister à un de leurs concerts, c'est
voyager en Tziganie, sur les bords de la Méditerranée, dans les planes
slaves et la mémoire yiddish. Les Bratsch ont déjà 90 concerts au
compteur cette année (fin fond de l'ex RDA, Finlande, Pologne, Maroc USA
même…). Mais les temps sont durs. Surtout pour un groupe " autogéré "
comme le leur. " Nous fonctionnons comme une coopérative. L'argent de
nos disques est placé dans une caisse commune et réutilisé pour financer
nos tournées ". Problème : avec le piratage, les Bratsch voient leurs
ventes d'albums s'éroder. Alors ils ont imaginer une parade. Chaque
concert donné au Cabaret sauvage sera enregistré sur un CD vendu à la
fin de chaque spectacle. Si la tendance à l'érosion se confirmait, c'est
la liberté du groupe de jouer où bon lui semble qui serait remise en
cause. Comme l'année dernière, à la demande d'une association de gadjos
(étrangers, en tsigane) de la forêt de Pontoise. Au départ, les Bratsch
furent accueillis avec méfiance. " A près ils sont aller chercher leurs
instruments ". Bratsch apporte un démenti formel à tous les grincheux
convaincus qu'il faut obligatoirement avoir du sang tsigane pour jouer
de la musique tsigane. Aujourd'hui des groupes roumains ou bulgares
reprennent les morceaux des Bratsch. Et le quintet figure aux côtés
d'authentiques fanfares des Balkans sur des compilations de musiques "
traditionnelles " d'Europe de l'Est. Une consécration dont le groupe tir
fierté sans se prendre trop au sérieux. " Parfois on nous prend vraiment
pour des Tsiganes " s'amusent-ils. Et chacun de livrer son anecdote
personnelle sur ces malentendus. Comme l'histoire de ce journaliste venu
interviewer le groupe flanqué d'un interprète serbo-croate…
Eric Mandell

Il existe vraiment un art du collage chez ces
Tziganes qui s’ignorent, et une absence de doute chez ces musiciens
instinctifs qui élèvent le jeu de l’agglomération musicale au rang d’oeuvre
d’art. Ils pratiquent un « Jazz gitan »
qui renouvelle l’intérêt pour les musiques de l’Est, avec eux, la
musique acoustique d’inspiration traditionnelle redécouvre une grâce et
une raison d’être.

Grandeur d'âmes des tsiganes Hier soir au Splendid, le souffle de
Bratsch a fait des dégâts sentimentaux Il est des concerts qui nous
émeuvent plus que d’autres. Comme si, des mois plus tard, trottaient
encore dans nos têtes quelques airs d’une soirée révolue. Hier, des 500
personnes qui se sont installées sur les sièges feutrés de la salle du
Splendid, beaucoup garderont en mémoire la prestation de Bratsch. Depuis
plus de 20 ans que cette formation essaime les salles, elle parvient
toujours à séduire son auditoire. Sentiments partagés Le décor pourrait
être celui d’un film minimaliste : une table, quelques bouteilles, des
chaises. Rien de plus. Et pourtant… Debout, l’allure altière, le
quintette se présente au public sous des faux airs de gravité. Mais très
vite, la vraie nature de ces musiciens en cavale surgit de façon
volcanique. Violon, contrebasse, clarinette, guitare et accordéon se
mettent en branle de concert, formant un joli feu de joie. Les accords
s’enrichissent à mesure que les influences musicales se superposent.
C’est toute l’Europe centrale qui rapplique. Après s’être goulûment
rassasiée des sons bulgares, roumains, grecs ou yiddish, la musique de
Bratsch nous remplit les tympans de sa diversité culturelle. Soudain, le
rythme décélère, faisant brutalement chuter nos pulsations
intra-veineuses. Les lumières rouges, planquées dans leurs soucoupes
renversées, tamisent l’atmosphère. Le violon se met à pleurer tandis que
l’accordéon cherche à reprendre son souffle. Ces mêmes notes qui, cinq
minutes plus tôt donnaient le tournis, nous serrent puissamment la
gorge. C’est là toute la force de la musique tsigane.
J. Lx

Bratsch sur scène, une musique poétique venue des Balkans et d'ailleurs.
Pour sa soirée Cabaret slave, le festival avait convoqué une affiche de
rêve. Avec, en première partie, le groupe Gürültü et Petko Stefanov.
Suivi de Bratsch, qui a offert un moment de grâce tzigane à une salle
conquise. Une soirée slave, loin des sons celtes. Le pari pouvait
sembler risqué en plein Festival Interceltique. Mais il a été gagné haut
la main. A 23 h 30, Bratsch occupe le terrain. " To be or not to be.
Oublie ça, chante, car les diables ne savent pas chanter ". Lorsqu'il
lance le proverbe tzigane à la foule venue l'applaudir, on dirait que le
groupe révèle le secret de sa musique. Alors, pour faire fuir les
démons, les cinq musiciens chantent, de leur voix grave, des airs venus
des Balkans ou d'ailleurs, qui rendent nostalgiques de pays qu'on ne
connaît pourtant pas. Dans la salle, le public écoute religieusement,
comme on écoute les messes à Harlem ; en tapant des mains ou en dansant
dans les travées. Les airs d'influence tzigane se succèdent, et les
musiciens de Bratsch (nom du violon alto populaire de Hongrie)
rivalisent de virtuosité. Chacun son tour, selon un ordre qui semble
improvisé, prend le devant de la scène, pour des solos enlevés. La
clarinette part dans les airs, le violon alto semble être pris par la
danse de Saint Gui, comme victime d'un sortilège. Les quelque 1000
spectateurs en redemandent. Une fois, puis deux, debout pour acclamer
des musiciens virtuoses. Jusqu'à 1 heure du matin, Bratsch accroche le
cabaret rempli à craquer. Terrain celte ou non, les musiques slaves ont
été définitivement adoptées.
Jean Gouyau

(Québec) Bratsch, pour le seul plaisir d'être ensemble.
Avec un nom comme le sien, Bruno Girard passerait facilement pour un
Québécois. Or, comme les autres membres du groupe, il est né en France.
Le mystère se situe ailleurs, sans doute à la frontière de plusieurs
univers musicaux. " On a chacun des personnalités différentes, constate
le violoniste et co-fondateur du groupe. On a chacun nos petits trésors
à nous. Dan Gharibian, chanteur et guitariste, est d'origine arménienne. Il apporte tout le coté oriental et connaît la musique tzigane
russe. François Castiello (accordéon et chant), c'est le coté italien et
méditerranéen. Nano Peylet, le clarinettiste, a fait de la musique
klezmer et a travaillé avec des orchestres juifs. Pierre Jacquet, le
contrebassiste, a fréquenté les clubs de jazz pendant des années. Moi,
c'est la musique roumaine, mi-slave, mi-orientale. J'aime bien ce
mélange ". Bratsch. Le mot ressemble assez au son du cheval qui s'ébroue
après la course. De fait, les gars donnent l'impression d'être toujours
en cavale. Explorateurs, ils l'étaient de nature. " On est beaucoup en
voyage. On passe pas mal de temps ensemble, tous les cinq, acquiesce
Girard. Bratsch nous a permis de nous retrouver sur un projet itinérant
qu'on avait tous dans la tête avant de se rencontrer. Depuis toutes ces
années, une amitié s'est créée, qui est devenue aussi importante que les
notes pour faire de la musique ". Le dernier passage de la bande à
Québec remonte à 1997. Qu'en est-il de Bratsch depuis ce temps ? " On
s'oriente de plus en plus sur des compositions, inspirées de matériel
traditionnel. Notre musique est de plus en plus composée, tout en
laissant une part importante à l'improvisation ". Ethnologues, les
membres de Bratsch le sont un peu devenus par la force des choses. Mais
leur démarche se situe à l'opposé de la cueillette et de la
conservation. " Disons qu'on commence à avoir une perception de la façon
dont la musique se fait à droite et à gauche. Mais notre propos c'est de
voir comment elle continue à se transformer en l'adaptant à notre
sensibilité ", estime Bruno Girard. Le plus drôle dans cette histoire,
c'est que Bratsch, qui roule sa bosse depuis près de 25 ans, continue à
influencer les Tziganes eux-mêmes.
Richard Boisvert

Sauteries manouches et brassages bohémiens
Voilà sans doute ce qu'on appelle un groupe transversal, capable de
troquer les planches du Victoria Hall contre celles de l'Usine
et d'emballer avec les mêmes ficelles les amoureux de
sauteries balkaniques, les passionnés de swing manouche et quelques
nuées de jeunes punks. Réuni à Paris au milieu des années 70, Bratsch
regroupe aujourd'hui un guitariste arménien fan de Django Reinhardt, un
violoniste sorti du bouillon de culture free-jazz, un contrebassiste
chineur, un accordéoniste déniaisé dans les bals musette
et un ancien clarinettiste classique tombé dans les bras du folklore
klezmer. La mélancolie frénétique des caravanes bohémiennes et la
langueur tonique du jazz des années 20 se mêlent sur scène à quelques
épices inattendues. N.U.
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Network kickstart their new Portrait series, which looks at the
recording careers of their solo artists and groups, with a double CD of
Bratsch. And what better place to start – with more than 25 years in the
business, Bratsch command a huge following both in their native France
and abroad, having brought a wide range of musical styles to the public.
The first CD covers the period 1988-1994 when they were already a fully
formed quintet of guitar/bouzouki, violin, double bass, accordeon and
clarinet, plus those great voices, singing and playing an infectious mix
of Gypsi music, jazz, klezmer, rembetika and lots more. It includes some
of their most memorables pieces, the vibrant russian songs Joulik and
Maminka, , and their own traditionnay inspired Le Rindovani. The
engaging Neapolitan ballad Maruzella, and the reflective solo taksim,
Bayat, add to the electric atmosphere. The second CD continues in the
now well established Bratsch vein, spanning material from 1995-2003,
including the previously unreleased Bi Lovengo, one of the four tracks
that were specially recorded for this compilation. All good stuff, but
their collaborative work with a variety of guest musicians offers some
of the best fare : most notably the popular song Johnny, with Ando Drom
and the inimitable Mitsou on vocals, and Yossik with soulful trumpet
playing from Serge Rosenberg, plus Stanislav Panayotov on gadulka and
saxophonist Tosha Vukmirovic. A lively reprospective, capturing some of
Bratsch's greatests moments. Sofi Mogensen

A quarter century on and still going strong The french group Bratsch,
with a core of five musicians playing guitar/bouzouki, violin, clarinet,
accordion and double bass – and four of the five singing too – have been
around for 25 years. This compilation, covering the entire period and
enriched with previously unreleased material, has been issued to mark
their anniversary. The music is drawn mostly from the tradiions of
East-Central Europe and the western Balkans, with a few steps further
afield (the Armenian songs are particulary beautiful) plus a few
originals. Lifted by touches of French jazz and manouche swing, it's
always played thoughtfully and sensitively, with a touch of swagger
where needed. A few guests, notably Hungarian gypsy singer Mitsou, make
occasional but signifiant contributions to the mix. It can be a problem
for a band whose main focus is on live performance and improvisation to
recapture the energy of the stage on record, but on the whole Bratsch
strike a happy medium beetween formality and openess. However, they seem
to have found their path early and stuck to it, so in the course of that
quarter century the orchestration hasn't devlopped much, nor has the
general approach changed, meaning that over the two hour course of these
CDs one tune does begin to resemble the last. But it is, after all, a
compilation, and is better approached as an album of family snapshots to
be dipped into – if the same faces keep appearing over and over again,
hat's in the nature of families
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